Le Groupe des Bibliothécaires Suisses de Théologie : Histoire des débuts von Pierre Beffa

 

 

 

Depuis 1990 exactement, les bibliothécaires suisses de théologie se rencontrent chaque année dans une ville du pays, pour se connaître, pour visiter les différentes institutions, pour échanger des expériences. La première réunion eut lieu à Genève, au Conseil œcuménique des Eglises. La bibliothèque du COE était membre extraordinaire depuis 1988 du Conseil international des Associations de Bibliothèques de théologie, devenu en 1999 BETH, pour Bibliothèques Européennes de Théologie en reconnaissance du fait que tous ses membres sont européens. L’expérience internationale du directeur, qui était aussi membre d’ATLA, American Theological Library Association, lui laissait penser qu’une éventuelle création d’une association suisse pourrait se révéler utile, et ouvrir la possibilité d’une adhésion à BETH. La première réunion de Genève fut un succès, Les collègues présents furent heureux de cette initiative, les échanges vivants conduisirent à deux décisions qui n’avaient pas été prévues, mais qui se sont révélées extraordinairement sages, la première de ne pas créer une association formelle, et la seconde de se retrouver l’année suivante à Zurich. Pourquoi, à mon avis, ces décisions furent-elles judicieuses ? La fondation d’une association implique un processus de création de statuts, la désignation de responsables, la mise en place de procédures de communication, et l’inévitable cotisation, ce qui n’est souvent pas intéressant, peut se révéler inadapté et lourd, et aussi impraticable pour certaines de nos bibliothèques disposant de fonds très limités. Par contre, la volonté de se retrouver chaque année, fondée uniquement sur l’engagement personnel des collègues à être fidèle à ses retrouvailles pour partager nos préoccupations communes, a été suffisamment forte pour ne jamais être remise en cause, la participation fut toujours remarquable, et des liens d’amitiés sympathiques se sont créés. Une réunion par année, mais pour quoi faire ? Du tourisme ? De la gastronomie ? Tout cela n’est que garniture.  Un grand réalisme nous a toujours guidés dans nos débats. Nous savions alors que la collaboration entre bibliothèques avait ses procédures et fonctionnait très bien en Suisse.  Les bibliothécaires de théologie ont besoin d’outils spécifiques, de forte valeur scientifique et d’excellente qualité, mais ceux-ci étaient déjà produits par ATLA, dans le domaine de l’indexation des périodiques, ainsi que par Tübingen. Les listes d’acquisitions, également de Tübingen, étaient d’usage commun, les bibliographies comme RIC, IOB, Bibliografia missionaria, la Clavis periodicorum, projet de BETH en partie réalisé, tout cela était à disposition et eussions-nous voulu entreprendre un tel projet que nous n’y serions pas parvenus. Nous aurions pu être meilleurs dans l’échange des périodiques et des doubles qui a fonctionné parfois au cas par cas sans réel système. Nous avons été excellents aux premiers âges de l’informatique dans les bibliothèques, nos échanges d’expériences et d’informations, les démonstrations dans nos diverses bibliothèques furent précieux pour de nombreux collègues. La connaissance plus personnelle des richesses préservées dans nos institutions fut sans doute utile à nos utilisateurs. Quand les difficultés ont commencé à survenir dans nos bibliothèques, la parfois pénible expérience des uns a soutenu les autres. Enfin le fait de bien nous connaître a établi entre nous la confiance quand il s’agissait de solliciter un service. Nous nous sommes réunis alternativement en Suisse romande et en Suisse alémanique et nous avons fonctionné sans traduction simultanée ce qui mérite d’être salué. Hélas, les rapports avec la Suisse italienne ne reçurent pas assez d’attention. Pendant longtemps, le Groupe a fonctionné ainsi, lors de la réunion annuelle, quelqu’un se proposait pour organiser la réunion suivante et partait avec le classeur des adresses. Puis le Groupe a décidé de se doter d’un ou d’une présidente, ce qui est bien. J’ai eu la joie de participer à 22 réunions annuelles et j’en garde un souvenir très reconnaissant vis-à-vis des collègues qui à chaque fois ont préparé des programmes variés, nouveaux, intéressants et utiles.